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5 Feb

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Anxieuses et dépressives, les prostituées ont le blues

Anxieuses et dépressives, les prostituées ont le bluesSelon une étude universitaire zurichoise, les violences que peuvent subir les travailleuses du sexe, leurs conditions de vie et leur origine sont des facteurs à risque.

Les prostituées souffrent plus souvent que les autres femmes de troubles d’anxiété et de dépression. Les violences qu’elles peuvent subir, leurs conditions de travail et leur origine sont des facteurs à risque, selon une étude de l’Université de Zurich publiée jeudi.


Un groupe de chercheurs réunis autour de Wulf Rössler, psychiatre et directeur de la clinique universitaire psychiatrique de Zurich, s’est intéressé à la santé psychique des travailleuses du sexe. Le sujet n’avait jusqu’ici été pratiquement pas été étudié. Quelque 200 prostituées exerçant à Zurich, soit 5% de toutes celles enregistrées dans cette ville, ont été interrogées. Pour obtenir une image de la réalité aussi représentative que possible, des belles-de-nuit de différentes nationalités travaillant dans des bars, des maisons closes, des studios ou comme "escort" ont été contactées. Elles étaient âgées de 18 à 63 ans et sont pour la plupart nées en Suisse. Deux tiers ont un passeport suisse.

Les résultats publiés récemment dans la célèbre revue "Acta Psychiatrica Scandinavica" montrent que la moitié des intéressées ont souffert l’an dernier de troubles psychiques. Environ un tiers présentaient les symptômes d’une dépression et un autre tiers ceux de troubles d’anxiété. Dans l’ensemble de la population, 12% des femmes sont concernées. La dépression concerne 6% des femmes et les troubles d’anxiété 9%.

Améliorer les conditions-cadre
Les facteurs à risques sont, d’un côté, les violences subies à l’intérieur et à l’extérieur du "milieu" et, de l’autre côté, les conditions de travail et la nationalité. Les prostituées de nationalité suisse qui travaillent sur la rue sont particulièrement exposées. D’autres sont des Asiatiques ou des Sud-américaines exerçant dans des bars ou des studios. Jusqu’à 90% d’entre elles souffrent de troubles psychiques.

Un soutien social réduit le risque, selon Wulf Rössler. Il s’agit avant tout d’améliorer les conditions-cadre appliquées à la prostitution. Une meilleure sécurité ainsi qu’une aide sociale sont indiquées.

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