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11 Feb

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La prostitution étudiante, pour l'argent mais encore...

40000 étudiants se prostitueraient en FranceSelon le syndicat Sud étudiant, 40 000 étudiant(e)s se prostitueraient en France pour financer leurs études. La réalité est cependant plus complexe.

Dans l'univers de la prostitution étudiante, on parle d'escorting, terme désignant en anglais un service d'accompagnement individuel et personnalisé. Dans la perspective de l'escorting stricto sensu le rapport sexuel ne fait pas partie du contrat mais reste une intention implicite.

Un nouveau genre d'escortes s'est développé, notamment grâce à la démocratisation du net. Il est pratiqué par des étudiant(e)s qui gagnent ainsi de l'argent pour financer leurs études tout en suivant les cours. Dans ce type d'escorting, le rapport sexuel est clairement compris dans le contrat tarifé.

Petite chronologie sur un phénomène assez médiatisé:
La thématique a été pour la première fois mentionnée dans un article du Figaro et dans un tract de Sud étudiant en 2006. Selon ce dernier, 40 000 étudiants se prostitueraient en France pour financer leurs études. Ce tract a interpellé Eva Clouet, une étudiante en Master en sociologie à Toulouse qui décida alors de consacrer une étude à ce sujet La prostitution étudiante à l'heure des nouvelles technologies de communication, paru aux éditions Max Milo en 2008.

Parallèlement, paraissait un livre témoignage d'une étudiante dénommée Laura.D: Mes Chères études, lequel vient d'être adapté sur les écrans.
Certes pour l'argent mais...

La raison principale à cette prostitution est l'argent, cependant dans son ouvrage, E.Clouet énumère d'autres raisons. Ce peut être, selon le cas, une volonté de rompre avec des valeurs familiales trop rigides, la volonté farouche d'une revanche sur les hommes (déception amoureuse...), l'excitation de mener une double vie ou investir une double personnalité, briser les interdits, ou encore retrouver confiance en soi en se rendant désirable.

Une prostitution privilégiée ?
La prostitution a rapidement saisi l'intérêt d'internet: à l'heure actuelle, la pratique étudiante se fait quasi-exclusivement via le net. Cet outil garantit un certain anonymat, il permet de discuter puis de sélectionner les futurs clients. C'est aussi un outil rapide et efficace: une annonce étudiante c'est des milliers de visiteurs en quelques jours. C'est aussi poser, de manière explicite, les conditions négociables et/ou non négociables et de plus, se prostituer on-line, met les étudiantes à l'abri d'éventuels proxénètes.

L'attractivité du gain (200 à 300euros par heure) au regard du temps dépensé fait de cette prostitution une activité ménageant l'emploi du temps des intéressées. Elle n'entre pas en conflit avec les études.

Enfin, les relations tarifées ne consistent pas uniquement en un rapport sexuel mais comportent aussi un échange humain, des discussions fortement recherchées par les deux partenaires. Ce temps d'échange, dénommé le social-time, donne l'occasion aux étudiantes de parler avec des hommes, souvent plus âgés, évoluant dans un milieu socio-professionnel relativement élevé. En clair, le social-time, outre rendre la prestation plus naturelle et plus humaine, peut éventuellement permettre aux étudiantes de se créer un réseau potentiellement utile.

Certes privilégiée mais...
A travers de nombreux témoignages d'étudiantes prostituées, E.Clouet rapporte un vécu plutôt neutre de cette activité. Pourtant, le témoignage de Laura.D rend compte d'une réalité toute autre. Cette dernière, ayant depuis quitté Paris afin de tirer un trait définitif sur toute cette histoire désastreuse, relate ses rendez-vous avec un client de plus en plus pervers et vicieux. Elle raconte également, de façon très poignante, son délabrement psychologique, inévitable conséquence de son activité prostitutionnelle.

On peut en effet s'interroger sur l'exhaustivité des témoignages récoltés par E.Clouet. En effet, il est possible que les interlocutrices de l'auteur aient cherché à mettre en avant les aspects positifs et minimiser les probables dégâts, présents ou à venir, sur leur psychologie. L'auteur n'épargne d'ailleurs pas cette éventualité dans la conclusion de son livre.

Le regard d'un client:
Selon Michel, client de prostituées étudiantes, cette recherche de relations extra-conjugales et tarifées, n'est que l'expression d'un fait sociétal: "le sexe se banalise et les déviances deviennent monnaie courante", explique-t-il avant de poursuivre "le sexe classique dans des conditions classiques n'intéresse plus personne!". Ainsi, selon ce client, la relation sexuelle vécue sous l'égide de la fidélité et de l'exclusivité est tout simplement passée de mode. La société moderne réclamerait de nouveaux codes

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